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Category — Environnement

Folie

Je ne suis pas quelqu’un de religieux. Depuis fort longtemps, j’ai senti la main de l’homme derrière les grandes religions. Ce qui ne veut pas dire que je n’ai pas de vie spirituelle. Nous sommes que peu de chose, minuscules dans cet univers, des poussières d’étoiles comme l’écrivait Hubert Reeves. Est-ce que Dieu existe? Je l’ignore.

Ce que je suis certain est que nous devons respecter la vie. C’est un élément précieux, rare, merveilleux. Pourtant, nous la traitons de façon désastreuse. Le vivant est devenu une chose sans intérêt. Nous massacrons les bêtes, ruinons le sol, rendons l’eau imbuvable, l’air irrespirable. Quel mauvais pensionnaires faisons-nous! De la folie.

J’ai toujours trouvé que c’était illogique, dément de bruler en quelques minutes ce qui prend des millions d’années à se fabriquer. Comme si vous passiez la journée à préparer un festin pour votre conjoint et qu’il l’engloutissait en trente secondes. De la folie.

Je connais personne qui n’est pas apaisé à travailler la terre. Même les très jeunes enfants auront ce rapport privilégié avec la terre. Nous sommes liés à celle-ci. Mais nous en avons peur, la malmenons, préférons la couvrir de bitume, de béton. De la folie.

Je suis persuadé que le monde actuel court à sa perte. Notre façon de vivre est insoutenable. Notre monde fabriqué va s’effondrer tôt ou tard. Constater que les puissants s’y préparent et veulent répéter encore et encore le même modèle me déprime profondément. Toujours des armes à feu, du pétrole, cette soif de dominer le vivant. Cette folie.

Même cette idée de vivre en harmonie avec l’univers est méprisée. Ceux qui s’y affairent, comme Pierre Rabhi, sont ridiculisés, marginalisés. De quoi avons-nous peur? D’être dans l’erreur? Que Pierre Rabhi ait raison et que nous ayons tort? Que notre vie soit une erreur?

J’ai eu peur toute ma vie. Peur de ne pas réussir. De manquer d’argent. De souffrir. D’avoir faim. D’avoir froid. J’ai tâché de me fondre à la masse, même si je ressentais cette folie. Je suis devenu informaticien. Je me suis étourdi dans un monde artificiel. Je me suis coupé de l’univers. Je réalise tardivement combien idiot j’ai été.

Si Dieu existe, nous sommes de bien piètres adorateurs.

Développement durable

J’ai présenté le développement durable à mes collègues vendredi: définition, exemple d’entreprises le faisant, piste de réflexions pour la compagnie. J’ai surtout tâché de montrer qu’une économie ratissant plus large qu’une simple augmentation du profit était plus durable. Économie circulaire.

Il faut changer notre façon de concevoir le monde. Pour moi, le développement durable est tellement sensé que j’ai de la difficulté à comprendre comment les gens peuvent être encore attaché à l’ancien modèle qui mène à notre perte. L’économie linéaire, qui se base uniquement sur l’augmentation du profit, est une stupidité. Il est plus que temps de l’abandonner.

Mais je constate qu’il y a énormément de travail de vulgarisation, d’information et de démonstration à faire. Je suis dans ma belle famille pour Pâques. Au grand dam de ma conjointe, je me suis un peu énervé sur la discussion de ce que sera l’automobile dans quinze ans. Et je suis resté poli. Je n’ai pas dit le fond de ma pensée. Même si j’avais une baguette magique, je ne pourrais pas transformer tout le parc automobile à l’électricité. Il ne reste plus assez de minerai pour fabriquer toutes les batteries nécessaires à cette transformation. Et même si toutes les voitures étaient électriques, le problème ne serait pas réglé. La majorité des automobiles sont inutilisées plus de 90% du temps. Pourquoi ne pas avoir des moyens de transports durables et partageables?

On dirait que les gens n’ont aucune idée de l’état du monde dans lequel nous vivons. Le monde tant naturel que construit par les humains. Car les deux sont aussi mal en point. L’un agonise, l’autre sombre dans un modèle très similaire à celui dépeint dans 1984 de Georges Orwell. Les gens préfèrent persister dans leur fiction et leur confort. Même si le temps est compté. Même s’ils condamnent leurs enfants. J’ai  encore pu mesurer tout le travail à faire à la suite de la discussion sur l’automobile, discussion où j’étais plutôt émotif: mon clonus s’est d’ailleurs déclenché, car je me suis énervé.

Chacun de nous doit changer sa façon de penser. Notre confort et notre indifférence ne sont plus viables. Nous devons adopter une approche qui tient en compte le sort des autres êtres humains, du vivant et de la planète. L’ère du gaspillage éhonté et de la course à l’argent doit cesser si nous voulons préserver la vie sur cette planète. Nous devons devenir raisonnable. Nous devons faire enfin honneur à notre genre: homo sapiens.

Paradis

Les sociétés humaines ont depuis longtemps imaginé des lieux magnifiques après la mort: champs d’Ialou pour les Égyptiens anciens, paradeisos pour les Grecs anciens, valhalla pour les Vikings, éden pour les chrétiens.

De tout l’univers connu par les humains, il n’y a qu’un seul lieu qui correspond à cette idée du paradis: la planète terre.

La terre peut-être à la fois le paradis et l’enfer. La différence? Ce que nous, humains, en faisons.

Depuis plus de deux mille ans, nous transformons le paradis en enfer. Pas seulement avec les changements climatiques: notre irrespect de la vie et la souffrance que nous créons correspondent certainement à la vision de Dante.

J’ai été élevé dans la religion catholique. Je l’ai rapidement délaissée. Ce n’est que récemment que je me suis rendu compte que si nous nous référons aux textes originaux (voir à ce sujet Misquoting Jesus), les préceptes de Jésus correspondent bien davantage à ceux du végétalisme:

  • Compassion
  • Non-violence

L’église catholique a détourné le message au fil des traductions et de sa soif de pouvoir. Mais fondamentalement, ce qu’enseignait Jésus est l’amour de la vie.

Ces valeurs se retrouvent également dans des philosophies asiatiques comme le bouddhisme et le yoga. Ces valeurs sont fondamentales et transcendent les peuples et les cultures: la vie est importante.

Présentement, nous sommes à l’opposé : nous espérons quelque chose après la mort et nous agissons comme des cons dans notre seule et unique vie. Ne serait-il pas temps de travailler à restaurer le paradis perdu?

Cowspiracy

Nous venons d’acheter une petite maison près du centre-ville. Elle possède un terrain de 350 mètres carrés. Même si j’enlevais toute la pelouse, ce que la ville ne me permettrait pas, je ne pourrais pas cultiver suffisamment pour être autonome avec un régime végétalien. Encore moins nourrir une vache et des poules pour un régime végétarien. Ne pensez pas au régime habituel des Nords-Américains.

Je suis essentiellement végétarien depuis des années. J’ai coupé les produits laitiers en 2014. Après avoir regardé Cowspiracy l’an dernier, je n’avais plus le choix: je devais devenir végétalien plutôt strict, au grand damne de ma conjointe. Il en va de l’avenir de la planète.

Imaginez la quantité de ressources que votre régime accapare de la planète. Sans parler des GES qu’il produit.

C’est ce dont parle le film Cowspiracy. Je l’ai présenté à mon travail lundi et mardi midi, avec une certaine indifférence de mes collègues. Seuls deux de ceux-ci ont daigné y porter attention. Pourtant, c’est l’élément crucial pour renverser les changements climatiques. Ce n’est pas moi qui le dit. C’est l’ONU.

Michael Pollan estime qu’une consommation de viande et de produits laitiers qui pourrait être soutenable pour l’ensemble de la planète est de 2 onces par semaine. La consommation actuelle aux États-Unis est de 9 onces de viande par jour. Sans parler des produits laitiers.

L’action la plus simple que vous pouvez faire pour sauver l’humanité, la vie sur la planète et créer un monde plus juste est de changer ce que vous mangez. Alors regardez le film, informez-vous et relevez ce défi dès aujourd’hui. En plus, votre santé s’améliora.

Le début de la fin

L’élément qui fait le plus défaut dans cette campagne est l’état des lieux du pays et des solutions pour rétablir notre territoire et la planète. Le pays s’est appauvri. Réellement appauvri. Nos ressources se tarissent. La faune et la flore se raréfient. L’air, le sol et l’eau sont de plus en plus pollués. Partout où je regarde, je ne peux que constater le début de la fin. Je me dis que je suis dans les derniers humains à bénéficier d’une vie facile dans une société d’abondance. Déjà, certains produits sont plus rares. Je m’inquiète de trouver des amandes avec la sécheresse en Californie.

Les prix des denrées ne cessent d’augmenter. Avant longtemps, la situation deviendra de plus en plus ingérable. Pourtant, qu’en dise les candidats au poste de Premier Ministre du Canada? Rien, nada, nothing. Il n’y a pas de problèmes.

Nous sommes entrain de dépasser le point de non retour, de détruire la seule planète ayant de la vie à notre connaissance. Avons-nous la prémisse du début d’un plan pour remédier à la situation? Non. Il est plus que temps que ce soit un enjeux électoral. Car dans quatre ans il sera peut-être déjà trop tard.

Métro et les poissons

Au mois de mai, Métro annonçait qu’il mettrait en oeuvre une politique afin de favoriser la pêche durable. D’ici juin 2011, les épiceries de la chaîne offriront des poissons et fruits de mer respectant les océans et autres milieux marins. La campagne de Greenpace doit y avoir joué un rôle. Remerciements à la direction de Metro d’avoir pris cette décision et des efforts qu’ils y investissent.

Tyrannie alimentaire

Si vous vous baladez dans une épicerie, vous remarquerez la quantité phénoménale de produits qui ne sont pas de la nourriture. Je ne parle pas des cosmétiques et produits ménagers, mais bien des produits transformés, issus davantage de l’industrie chimique que du travail d’un agriculteur. L’excellent In defense of Food de Michael Pollan explique en détail cette révolution. On ne vend plus un “aliment” parce qu’il est nécessaire à la vie, mais parce qu’il est faible en gras trans, riche en fibres ou qu’il se déguste n’importe où. En fait, les vrais aliments ne sont que rarement annoncés.

Le problème vient en grande partie de l’oligopole alimentaire : au fil des cinquante dernières années, des corporations ont grandi au point d’exercer un contrôle malsain sur ce que nous mangeons. Et le gouvernement n’a pas levé le petit doigt pour empêcher le tout. Par exemple, six corporations multinationales détiennent le monopole des semences, autant leur culture que leur acheminement et distribution. Parmi celles-ci, Monsanto et Cargill détiennent à elles seules 25% chacune du marché. Ce qui a des conséquences désastreuses.

Vandana Shiva décrit dans Le terrorisme alimentaire (Stolen Harvest) la métamorphose de son pays, l’Inde, lorsque ces entreprises ont décidé de s’y implanter et le combat des agriculteurs pour survivre. Sous le couvert d’un discours mensonger (“L’agriculture industrielle est la seule issue possible pour parvenir à nourrir tous les êtres humains”), ces entreprises forcent des cultures étrangères afin de combler des besoins de pays riches, en faisant fi de l’environnement et de la réalité des cultivateurs. Ces derniers n’arrivent pas à suivre le rythme dicté faute de ressources (argent, eau, terre). Les populations locales paient également un fort tribu : des villages entiers doivent être relocalisés lorsque l’eau disparaît et que le milieu de vie devient impropre. La situation est tellement désespérante que de nombreux agriculteurs indiens viennent à se suicider, souvent en buvant l’insecticide qu’ils ont acheté à vil prix à ces firmes. En 2006, uniquement dans l’état de Maharashtra, 4 453 l’ont fait. Et la situation ne s’est toujours pas améliorée.

L’Inde est peut-être loin de la majorité des consommateurs canadiens, mais nous avons un rôle à jouer dans cette catastrophe. Souvent ces cultures sont utilisées par nous : coton, maïs, soya sont cultivés dans des pays du tiers monde ou émergents pour le bien des Occidentaux. Que pouvons-nous faire ? En premier, être un consommateur informé et intelligent. Puis, faire pression sur les gouvernements pour que cesse cette tyrannie alimentaire. Enfin, encourager nos cultivateurs, car l’achat local est plus judicieux. Même les cultivateurs indiens vont y gagner : ils étaient bien mieux avant que ces entreprises démoniaques leur fassent la vie dure.

Hörprobe

Les gens chantent avec Jimmy Cliff “No more pollution” et dansent sur… des canettes de bière écrasées et autres déchets. La dichotomie entre la parole et l’acte est si grande que j’arrive à me demander si les gens sont stupides. Le terrain laissé par les fans de Rammstein est jonché de cochonneries. L’image de celui lors du spectacle de McCartney me revient en tête. Oui, faire attention à notre environnement demande des efforts. Mais rester en vie aussi. Et au train où progresse la conscience commune, il nous en restera pas pour longtemps, de la vie. Je vous l’accorde, le Festival d’été de Québec n’aide pas beaucoup la cause : interdiction des gourdes d’eau, vente de breuvages servis dans des canettes, verres et bouteilles de plastique avec le voeu pieux que les festivaliers vont déposer le tout dans un bac de recyclage qui déborde déjà. C’est largement sous-estimer la paresse de ceux-ci. Et ce macaron, une aberration environnementale. Un circuit électronique, une pile, un bout de plastique qui est utile 10 jours et prendra au moins 1000 ans à disparaître. Il ne sert plus à rien depuis que nous avons des bracelets à puce RFID. À ce sujet, pourquoi pas réutiliser ces bracelets l’an prochain ? Il est encore bon, la puce peut être reprogrammé. Suffit que les gens paient et le bracelet pourrait être rechargé. Au point où nous sommes rendus, chaque geste compte. Et lorsque nous avons 150 000 macarons jetés et une quantité phénoménale de canettes et contenant de plastique gaspillée, il faut cesser d’être la source du problème et trouver des solutions.