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Category — Environnement

Métro et les poissons

Au mois de mai, Métro annonçait qu’il mettrait en oeuvre une politique afin de favoriser la pêche durable. D’ici juin 2011, les épiceries de la chaîne offriront des poissons et fruits de mer respectant les océans et autres milieux marins. La campagne de Greenpace doit y avoir joué un rôle. Remerciements à la direction de Metro d’avoir pris cette décision et des efforts qu’ils y investissent.

Tyrannie alimentaire

Si vous vous baladez dans une épicerie, vous remarquerez la quantité phénoménale de produits qui ne sont pas de la nourriture. Je ne parle pas des cosmétiques et produits ménagers, mais bien des produits transformés, issus davantage de l’industrie chimique que du travail d’un agriculteur. L’excellent In defense of Food de Michael Pollan explique en détail cette révolution. On ne vend plus un “aliment” parce qu’il est nécessaire à la vie, mais parce qu’il est faible en gras trans, riche en fibres ou qu’il se déguste n’importe où. En fait, les vrais aliments ne sont que rarement annoncés.

Le problème vient en grande partie de l’oligopole alimentaire : au fil des cinquante dernières années, des corporations ont grandi au point d’exercer un contrôle malsain sur ce que nous mangeons. Et le gouvernement n’a pas levé le petit doigt pour empêcher le tout. Par exemple, six corporations multinationales détiennent le monopole des semences, autant leur culture que leur acheminement et distribution. Parmi celles-ci, Monsanto et Cargill détiennent à elles seules 25% chacune du marché. Ce qui a des conséquences désastreuses.

Vandana Shiva décrit dans Le terrorisme alimentaire (Stolen Harvest) la métamorphose de son pays, l’Inde, lorsque ces entreprises ont décidé de s’y implanter et le combat des agriculteurs pour survivre. Sous le couvert d’un discours mensonger (“L’agriculture industrielle est la seule issue possible pour parvenir à nourrir tous les êtres humains”), ces entreprises forcent des cultures étrangères afin de combler des besoins de pays riches, en faisant fi de l’environnement et de la réalité des cultivateurs. Ces derniers n’arrivent pas à suivre le rythme dicté faute de ressources (argent, eau, terre). Les populations locales paient également un fort tribu : des villages entiers doivent être relocalisés lorsque l’eau disparaît et que le milieu de vie devient impropre. La situation est tellement désespérante que de nombreux agriculteurs indiens viennent à se suicider, souvent en buvant l’insecticide qu’ils ont acheté à vil prix à ces firmes. En 2006, uniquement dans l’état de Maharashtra, 4 453 l’ont fait. Et la situation ne s’est toujours pas améliorée.

L’Inde est peut-être loin de la majorité des consommateurs canadiens, mais nous avons un rôle à jouer dans cette catastrophe. Souvent ces cultures sont utilisées par nous : coton, maïs, soya sont cultivés dans des pays du tiers monde ou émergents pour le bien des Occidentaux. Que pouvons-nous faire ? En premier, être un consommateur informé et intelligent. Puis, faire pression sur les gouvernements pour que cesse cette tyrannie alimentaire. Enfin, encourager nos cultivateurs, car l’achat local est plus judicieux. Même les cultivateurs indiens vont y gagner : ils étaient bien mieux avant que ces entreprises démoniaques leur fassent la vie dure.

Hörprobe

Les gens chantent avec Jimmy Cliff “No more pollution” et dansent sur… des canettes de bière écrasées et autres déchets. La dichotomie entre la parole et l’acte est si grande que j’arrive à me demander si les gens sont stupides. Le terrain laissé par les fans de Rammstein est jonché de cochonneries. L’image de celui lors du spectacle de McCartney me revient en tête. Oui, faire attention à notre environnement demande des efforts. Mais rester en vie aussi. Et au train où progresse la conscience commune, il nous en restera pas pour longtemps, de la vie. Je vous l’accorde, le Festival d’été de Québec n’aide pas beaucoup la cause : interdiction des gourdes d’eau, vente de breuvages servis dans des canettes, verres et bouteilles de plastique avec le voeu pieux que les festivaliers vont déposer le tout dans un bac de recyclage qui déborde déjà. C’est largement sous-estimer la paresse de ceux-ci. Et ce macaron, une aberration environnementale. Un circuit électronique, une pile, un bout de plastique qui est utile 10 jours et prendra au moins 1000 ans à disparaître. Il ne sert plus à rien depuis que nous avons des bracelets à puce RFID. À ce sujet, pourquoi pas réutiliser ces bracelets l’an prochain ? Il est encore bon, la puce peut être reprogrammé. Suffit que les gens paient et le bracelet pourrait être rechargé. Au point où nous sommes rendus, chaque geste compte. Et lorsque nous avons 150 000 macarons jetés et une quantité phénoménale de canettes et contenant de plastique gaspillée, il faut cesser d’être la source du problème et trouver des solutions.